Tout le monde fait quoi ?

Tout le monde vient !
Tout le monde fait quoi ?

# Posté le jeudi 20 décembre 2007 03:43

Rave on ! Le dernier album des Raveonettes.

Après un petit détour par la politique parce que je pouvais pas m'empêcher de dire un mot (bon ok un peu plus qu'un seul) sur ce qu'il s'était passé, retour à la musique et à la culture. Peut-être que mes heures de vol de science po commencent à payer.

Ils sont parmi nous !
J'ai découvert les Raveonettes avec le rock'n'folk, sur un monster cd ils avaient mis un morceau où le groupe danois reprenaient le thème musical de la série les envahisseurs, c'était twilight, un morceau de l'album précédent, le troisième. La guitare était vraiment marrante avec ce riff obsessionnel et le reste rendait le tout un peu crade quand même, à part la voix sublime, féminine, douce donc qui contrastait complètement, le tout bien rythmé et vous avez ce morceau très prenant. J'avais adoré et j'avais écouté l'album d'une oreille mais pas accroché, j'avais laissé tomber les raveonnettes (il faut quand même dire qu'au bout d'un moment twilight est un peu saoulante).

Oh mon dieu la chanteuse est une jolie blonde !
Pis y a quelques temps un concert des raveonettes aux docks, julien me propose d'y aller je me dis pourquoi pas et nous voilà parti. Je me considérais comme un inculte des raveonettes, j'avais raison puisqu'en fait je connaissais pas du tout, même les classiques comme trash can. Mais le concert a été une très bonne surprise, ils étaient que les deux protagonistes principaux sur scène, chacun une guitare avec 20 000 effets, et un micro, une batterie au milieu un peu en retrait avec un batteur qui est là que pour les concerts de ce que j'ai compris, et une boîte à rythmes. Donc pendant le concert vous avez la batterie qui rythme le tout, aidée par la boîte à rythmes qui donne un côté un peu froid un peu électro pop, et surtout les guitares très très fortes, très très disto, omniprésentes. Ensuite les voix, surtout celle de la fille, c'est un ilot de tranquillité au milieu de cette musique assourdissante. Ce concert c'était peu de temps avant (ou après je sais plus, disons autour) de la sortie de leur dernier album, le quatrième donc, et encore une fois d'après ce que j'ai compris, cette configuration scénique un peu minimaliste, à la kills, était assez nouvelle. Ca montrait un nouveau chemin commencé avec cet album. Je sais pas trop ce qu'il en est vraiment mais en tout cas sur scène ça marche très bien.

Envie ?
L'album en lui-même maintenant, Lust Lust Lust, un album dont j'arrive pas à décrocher depuis maintenant un mois, je l'écoute en boucle et j'en ai marre alors j'écoute autre chose en me disant que ma phase raveonettes est passée, pis finalement quelques jours plus tard je reviens dessus et je l'adore encore. J'ai réfléchi à comment on pourrait le classer, au début je me disais que c'était du post-punk un peu crade, pis j'ai ré-écouté joy division pendant un bon moment et je me suis dit que la ressemblance était bof, en plus joy division c'est vraiment l'après punk et les vestiges punk sont encore bien présents, le vrai punk. Les raveonnettes c'est plus vraiment punk dans ce sens-là, c'est le nouveau post-punk plutôt, les petits-enfants de Ian Curtis (oui dans la musique les naissances se font très vite et les générations aussi). On a des éléments punks, le nombre d'accords est pas affolant et la structure est en général assez simple mais bon voilà. J'ai pensé au velvet aussi, pour la disto et aussi un peu le rythme, mais c'est quand même éloigné, là on a de l'écho, une deuxième voix.
En fait ce qui frappe le plus dans cet album en y repensant c'est les mélodies et le son de la guitare, ça fait pas penser à du rock ça fait penser... aux bande-sons de western à la ennio morricone ! A partir de là y a les influences post-punk, avec des morceaux comme dead sound qui vous envoient une petite montée de trois accords avec une batterie au strict minimum, y a des morceaux plus acid rock comme lust qui donne l'impression d'un trip dépressif, mais vous avez aussi un côté blondie très eighties, dans la fragile voix de la fille et la guitare aigue. Blondie, mais en moins joyeux, en plus torturé, en plus... joy division quoi, on en revient là.
Parce que finalement cet album c'est de loin le plus post-punk des quatre, alors bien sûr c'est pas joy division, mais c'est normal vu le temps qui est passé, on doit se réjouir d'avoir un peu changé en presque trente ans !

Et donc au final ?
Lust, lust, lust, c'est tout simplement un très bon album, inspiré de western de joy division et du velvet, avec un truc en plus, un truc personnel, vous avez un album assez sombre finalement, tout pleins de disto mais aussi de délicatesse, de fragilité (je le dirai jamais assez cette voix est extraordinaire). Mélange de fragilité et de chaos donc, mélange réussi égal très bon album je le dirai jamais assez. Comme quoi les danois ne font pas que du bon... hm je sais pas, je voulais mettre une spécialité danoise comme le chocolat pour les suisses ou le whisky en Irlande mais point de vue spécialité danoise j'avoue je sèche.

Et voilà le clip de dead sound. Ah on me dit dans l'oreillette qu'une influence majeure ce serait suicide, groupe new-yorkais qui se produisait au CBGB en alternance avec les cramps (j'aime étaler ma culture). Bin J'avoue que j'ai pas encore beaucoup écouté suicide, alors je vais le faire si vous le dites.

# Posté le dimanche 16 décembre 2007 20:22

Non-élection de Blocher au CF, rien de bien grave.

Beaucoup de monde crie au désastre à la suite des élections des conseillers fédéraux et l'échec de Blocher, alors qu'en fait il n'y a pas grand chose à craindre pour la Suisse.

Eveline Widmer-Schlumpf ne tombe pas du ciel.
L'UDC a récolté 29% des voix, c'est un fait, mais n'oublions pas que Blocher n'est pas représentatif de l'UDC tout entière, il se contente de la personnifier. Il y a beaucoup d'électeurs UDC qui ne se retrouve certainement pas dans les thèses xénophobes et dans la politique agressive de Blocher, mais qui vote pour l'UDC à cause d'autres arguments, sur d'autres sujets que l'immigration. Je précise juste d'entrée que Blocher est effectivement xénophobe, même les tribunaux qui ont dû juger de la validité des affiches du mouton noir l'ont dit. S'ils l'ont validée malgré tout c'est simplement que la xénophobie (qui est en fait l'hostilité envers les étrangers) n'est pas interdite, ce qui est interdit c'est le racisme pur et simple. Au nom de la liberté d'expression ils ne pouvaient donc pas sanctionner cette affiche (d'ailleurs dans la plupart des pays les mêmes règles sont en vigueur).
Revenons à l'UDC: comme une partie des 29% n'adhère pas aux thèses xénophobes de l'UDC, contrairement à Blocher qui s'attribue ces voix, la suite va être intéressante. En effet s'il y a scission au sein de l'UDC cela veut dire que les adhérents devront choisir qui ils vont suivre, Blocher ou les autres (notre nouvelle conseillère fédérale, samuel schmidt,...). Car un des points forts de l'UDC, qui est (était ?) sa grande force, c'est qu'elle a réussi à construire un système d'argumentation qui combine des thèses parfois antinomiques (la politique étrangère par exemple: son électorat paysan croit en une politique protectionniste, d'où l'hostilité à l'Europe, alors que son électorat patronnal compte sur une politique libérale ! Devinez qui va se faire rouler...). A partir de là avec la scission il y aura lutte pour récupérer la plus grosse partie de l'électorat de l'UDC, et à ce moment-là la surprise pourrait encore être mauvaise pour Blocher, car on pourrait bien réaliser que le nombre de personnes qui le soutiennent n'est pas si important que ça...

[g]La machination.
Les personnes qui dénoncent la rupture de la formule magique comme conséquence d'une vile machination de la gauche pour éjecter Blocher n'ont rien compris. Tout d'abord parler de machination à propos des alliances qui ont eu lieu est stupide car étant donné qu'aucun groupe parlementaire n'a la majorité il est évident que des alliances doivent se faire. Spécialement pour la gauche qui, étant en minorité, se retrouve donc obligé d'essayer de s'allier avec des partis plus à droite pour avoir un quelconque poids, c'est ce qu'implique un système majoritaire !
Ensuite cette idée que la formule magique est brisée est ridicule, puisque comme je l'ai dit Blocher n'est pas du tout représentatif de l'ensemble de l'UDC. Sur ce point on ne peut donc pas comparer l'UDC avant l'élection et celle d'après l'élection, avec Blocher qui décide d'exclure ses conseillers fédéraux, or le résultat est là: deux UDC ont effectivement été élu au CF. D'ailleurs certains partis qui récoltent des voix ne sont pas représentés au Conseil Fédéral, les Verts en sont un bon exemple.

Abandonnez le navire !
Sinon, la Suisse ne va pas devenir ingouvernable, Blocher étant au CF avant cela pouvait effectivement limiter le nombre de veto joué sur les décisions mais il ne faut pas exagérer. On pourrait avoir plus de veto maintenant, Blocher ne manquant pas des ressources nécessaires (l'argent avant tout: pour les campagnes d'affichage, le nombre de petites mains, etc.), toutefois n'oublions pas que son parti va subir de lourds travaux dû à la scission, il va perdre des électeurs, donc de la représentativité et de la légitimité !

Crise politique ? Que nenni.
Bref ce résultat ne signifie pas que la gauche fait de machiavéliques plans secrets pour se débarasser des géneurs, cela ne veut pas non plus dire qu'elle va sombrer dans le chaos et je ne suis même pas sûr que cela annonce une crise politique terrible.
En effet c'est depuis l'élection de Blocher que la crise avait commencé: personnification du pouvoir à la place des idées, messages agressifs et ouvertement xénophobes (il y en avait avant mais pas forcément avec cette ampleur), double-jeu du conseiller fédéral vis-à-vis de ses collègues (aux dépens de la collégialité) mais aussi vis-à-vis de son électorat (les arguments contradictoires, combinée à des mesures poudre aux yeux pour élargir son élecorat. En politique quand on force trop le grand écart on risque de se faire mal), mépris de valeurs de base de la Suisse (si Blocher veut tellement défendre les valeurs nationales il ne devrait pas oublier une valeur fondamentale, à la base de notre système politique: le consensus). Ce qui a été sanctionné dans cette élection c'est donc tout ça, le mépris de tout ce qui n'est pas lui, pour son profit. Si Blocher n'a pas été élu il ne doit donc s'en prendre qu'à lui-même, il a cherché la bagarre mais personne ne l'a suivi et il a juste été sorti du jeu. Ou plutôt il en était déjà sorti par lui-même, pas étonnant que ça finisse comme ça.

Mot de la fin.
On peut quand même saluer la réaction du parlement et le déroulement de cette élection: celui qui n'a pas suivi les règles a été exclu mais la formule magique a été respectée, car je pense que la tentation de ne laisser qu'un siège à l'UDC a été grande, même si certainement irréalisable consensus oblige (à ce moment on peut féliciter les parlementaires d'avoir su faire des compromis et trouver ce consensus).

Mot de la fin de la fin.
J'aimerais encore préciser que la nouvelle conseillère fédérale n'est pas d'une tendance beaucoup moins dure que Blocher, d'ailleurs s'il y a quelque chose qu'il faudra surveiller c'est bien elle, car elle risque d'être un adversaire politique redoutable et une partenaire de négociation sans merci.
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# Posté le dimanche 16 décembre 2007 20:10

Pub de Dove

Ultra-bluffant

# Posté le mardi 27 novembre 2007 11:04

Dead 60s and living 00s music.

Dead 60s and living 00s music.
"The Dead 60s" et les débuts prometteurs.
A la sortie de leur premier album en 2005 ce groupe déclarait ouvertement vouloir se distancier du buzz anglais autour des libertines et de ce revival 60s qui touchait tout le monde et le nme en premier. Et ils avaient choisi leur nom exprès pour annoncer la couleur.
Leur premier album était bien sympathique, 13 courts morceaux de deux à trois minutes, du dub comme certains disent, ska pour les autres. Du dub rapide ou plus lent, un peu indie malgré tout mais plus influencés par les clash ou les specials que par le garage. Avec même quelques morceaux carrément entraînants comme "Ghostfaced killer", cet album étais sans conteste une bonne surprise, le simple effort de vouloir s'écarter des cadres imposés par le nm et en-dehors desquels il est dangereux de s'aventurer justifiant déjà qu'on s'y intéresse, on pouvait en plus se permettre de penser qu'il y avait là quelque chose de prometteur et qu'il fallait surveiller le deuxième album.

"Time To Take Sides", le temps d'être déçu.
Ce deuxième album ressemble en apparence au premier, 13 morceaux aussi dont deux un peu plus longs. Seulement première différence et surprise cette fois les morceaux les plus longs ne font pas trois petites minutes mais quatre grosses.
Deuxième surprise à l'écoute et non des moindres. L'album commence avec " Bolt of steel", un morceau qui sonne affreusement indie dès les premières mesures, allant jusqu'à la caricature avec les petits riffs aigus de guitares, les rythmes de batterie clairs et horriblement typique et les ch½urs, bien sûr.
Mais il y a pire car cette première piste montre tout ce qui rend cet album évitable. Le pire donc c'est les accents de rock FM américain de la voix du chanteur et dans certains passages de batterie.
En passant à la deuxième piste on se dit que ce n'était peut-être qu'un accident, un choix maladroit car les rythmes plus ska font leur retour. Mais on déchante très vite parce que ce rythme syncopé n'est en fait que le seul vestige de ce qui faisait plaisir dans le premier album, il faut d'ailleurs préciser que ce rythme est hautement induit par la basse dont les lignes sont malgré tout plus que potables.

Poubelle !
Plus rien à dire sur cet album et s'il ne fallait garder que deux mots ce serait "hautement décevants". Dommage pour un groupe avec du potentiel, surtout qu'on voit dans un morceau comme "Seven empty days" qu'il y aurait encore de quoi faire.
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# Posté le vendredi 09 novembre 2007 11:30