Après un petit détour par la politique parce que je pouvais pas m'empêcher de dire un mot (bon ok un peu plus qu'un seul) sur ce qu'il s'était passé, retour à la musique et à la culture. Peut-être que mes heures de vol de science po commencent à payer.
Ils sont parmi nous !
J'ai découvert les Raveonettes avec le rock'n'folk, sur un monster cd ils avaient mis un morceau où le groupe danois reprenaient le thème musical de la série les envahisseurs, c'était twilight, un morceau de l'album précédent, le troisième. La guitare était vraiment marrante avec ce riff obsessionnel et le reste rendait le tout un peu crade quand même, à part la voix sublime, féminine, douce donc qui contrastait complètement, le tout bien rythmé et vous avez ce morceau très prenant. J'avais adoré et j'avais écouté l'album d'une oreille mais pas accroché, j'avais laissé tomber les raveonnettes (il faut quand même dire qu'au bout d'un moment twilight est un peu saoulante).
Oh mon dieu la chanteuse est une jolie blonde !
Pis y a quelques temps un concert des raveonettes aux docks, julien me propose d'y aller je me dis pourquoi pas et nous voilà parti. Je me considérais comme un inculte des raveonettes, j'avais raison puisqu'en fait je connaissais pas du tout, même les classiques comme trash can. Mais le concert a été une très bonne surprise, ils étaient que les deux protagonistes principaux sur scène, chacun une guitare avec 20 000 effets, et un micro, une batterie au milieu un peu en retrait avec un batteur qui est là que pour les concerts de ce que j'ai compris, et une boîte à rythmes. Donc pendant le concert vous avez la batterie qui rythme le tout, aidée par la boîte à rythmes qui donne un côté un peu froid un peu électro pop, et surtout les guitares très très fortes, très très disto, omniprésentes. Ensuite les voix, surtout celle de la fille, c'est un ilot de tranquillité au milieu de cette musique assourdissante. Ce concert c'était peu de temps avant (ou après je sais plus, disons autour) de la sortie de leur dernier album, le quatrième donc, et encore une fois d'après ce que j'ai compris, cette configuration scénique un peu minimaliste, à la kills, était assez nouvelle. Ca montrait un nouveau chemin commencé avec cet album. Je sais pas trop ce qu'il en est vraiment mais en tout cas sur scène ça marche très bien.
Envie ?
L'album en lui-même maintenant, Lust Lust Lust, un album dont j'arrive pas à décrocher depuis maintenant un mois, je l'écoute en boucle et j'en ai marre alors j'écoute autre chose en me disant que ma phase raveonettes est passée, pis finalement quelques jours plus tard je reviens dessus et je l'adore encore. J'ai réfléchi à comment on pourrait le classer, au début je me disais que c'était du post-punk un peu crade, pis j'ai ré-écouté joy division pendant un bon moment et je me suis dit que la ressemblance était bof, en plus joy division c'est vraiment l'après punk et les vestiges punk sont encore bien présents, le vrai punk. Les raveonnettes c'est plus vraiment punk dans ce sens-là, c'est le nouveau post-punk plutôt, les petits-enfants de Ian Curtis (oui dans la musique les naissances se font très vite et les générations aussi). On a des éléments punks, le nombre d'accords est pas affolant et la structure est en général assez simple mais bon voilà. J'ai pensé au velvet aussi, pour la disto et aussi un peu le rythme, mais c'est quand même éloigné, là on a de l'écho, une deuxième voix.
En fait ce qui frappe le plus dans cet album en y repensant c'est les mélodies et le son de la guitare, ça fait pas penser à du rock ça fait penser... aux bande-sons de western à la ennio morricone ! A partir de là y a les influences post-punk, avec des morceaux comme dead sound qui vous envoient une petite montée de trois accords avec une batterie au strict minimum, y a des morceaux plus acid rock comme lust qui donne l'impression d'un trip dépressif, mais vous avez aussi un côté blondie très eighties, dans la fragile voix de la fille et la guitare aigue. Blondie, mais en moins joyeux, en plus torturé, en plus... joy division quoi, on en revient là.
Parce que finalement cet album c'est de loin le plus post-punk des quatre, alors bien sûr c'est pas joy division, mais c'est normal vu le temps qui est passé, on doit se réjouir d'avoir un peu changé en presque trente ans !
Et donc au final ?
Lust, lust, lust, c'est tout simplement un très bon album, inspiré de western de joy division et du velvet, avec un truc en plus, un truc personnel, vous avez un album assez sombre finalement, tout pleins de disto mais aussi de délicatesse, de fragilité (je le dirai jamais assez cette voix est extraordinaire). Mélange de fragilité et de chaos donc, mélange réussi égal très bon album je le dirai jamais assez. Comme quoi les danois ne font pas que du bon... hm je sais pas, je voulais mettre une spécialité danoise comme le chocolat pour les suisses ou le whisky en Irlande mais point de vue spécialité danoise j'avoue je sèche.
Et voilà le clip de dead sound. Ah on me dit dans l'oreillette qu'une influence majeure ce serait suicide, groupe new-yorkais qui se produisait au CBGB en alternance avec les cramps (j'aime étaler ma culture). Bin J'avoue que j'ai pas encore beaucoup écouté suicide, alors je vais le faire si vous le dites.